Depuis le 15 février 2021, nous avons ouvert la formation pour la jeunesse ivoirienne, africaine, voulant se former dans les métiers de l’agriculture. Nous voulons promouvoir un plein emploi productif et un travail décent à notre jeunesse, ressource humaine sur laquelle un pays devrait s’appuyer pour son développement. Mais cette dernière est confrontée à un mal, le chômage dont le taux ne fait qu’augmenter chaque année vue le nombre de jeunes diplômés sans emplois dans le pays.
Ce projet est destiné aux paysans africains qui vivent un peu partout les mêmes problèmes ; il s’intéresse particulièrement aux jeunes, scolarisés et déscolarisées et aux déboussolés de nos villes et campagnes. Nous voulons les aider à croire que travailler la terre est et peut être une profession aussi responsable que toutes les autres.
Le Centre de Recherche Louis Joseph Lebret (CRALEB) se veut être une école de foi et d’espérance en la profession d’éleveur et d’agriculteur, en l’entreprenariat paysan.
Pour ce faire, notre modèle et notre partenaire principal est le Centre Songhaï initié par un de nos frères dominicains au Bénin, le Père N’ZA Nzamujo, op. Les visées du CRALEB sont pratiquement les mêmes que celles du Centre Songhaï : faire des paysans des sujets acteurs de leur propre développement. Nous voulons en priorité offrir un cadre à l’application des techniques qui ont déjà fait leur preuve ailleurs. Nos premiers étudiants seront principalement de futurs leaders, animateurs et animatrices de communautés villageoises aux prises avec les problèmes socio-économiques. Avoir des animateurs et des animatrices de groupes bien rôdés au système Songhaï et à la vision Lebret et prêts à mettre eux-mêmes la main à la pâte, ne peut que contribuer à la valorisation de la vie paysanne.
A la fin, un diplômé au CRALEB c’est :
• Un homme de métiers (technicien polyvalent, capable de maitriser les gestes de production des métiers partout) ;
• Un gestionnaire de ferme capable de mobiliser et de gérer des ressources matérielles, humaines, financières et technologiques pour créer des biens et services qui répondent aux besoins et désirs de la communauté ;
• Un entrepreneur inventif et créatif doté de réflexe et de culture entrepreneuriale pour canaliser et transformer les possibilités à sa portée.
La philosophie du Projet est centrée, comme déjà noté, sur la notion de « développement intégral » telle qu’expliquée depuis les années 1960 par des courants et des penseurs de divers horizons. Le P. L.-J. Lebret et l’Encyclique «Populorum Progressio » du pape Paul VI ont acclimaté et popularisé dans les Eglises cette vision holistique du développement au milieu des années 60. Les axes principaux d’une telle vision du développement peuvent se résumer en trois points :
- L’être humain est au centre du développement
Le premier principe du développement intégral place l’être humain au centre du processus de transformation, de croissance et d’accomplissement de son propre destin. Il est d’emblée perçu comme le roi de la création, investi de dignité et de droit inviolables.
Toujours sujet principal, et jamais simple objet de son propre développement. L’humain et l’humanité sont donc toujours au cœur de toute vision et de toute action de développement, de construction du monde, de transformation de la société. La théologie, en prenant au sérieux tout l’humain, participera à cette montée en humanité trop souvent entravée par des situations d’inhumanité et de sous-humanité
- « On ne développe pas, on se développe »
Tel est le second axe de la conception et de l’agir du développement intégral, que d’aucuns nomment « développement endogène ». On veut fortement souligner la responsabilité et la participation active de chaque personne et de chaque entité humaine dans le processus du développement. La prise de conscience permanente de leurs capacités et de leurs potentialités conduit les personnes et les communautés à mobiliser les énergies et les ressources disponibles pour bâtir des projets, réduire des dépendances indues, atteindre des objectifs, s’assurer une plus grande autonomie et garantir les moyens d’une plus grande autosubsistance.
L’accent est ainsi mis d’emblée à la fois sur la volonté de prise en main de son propre destin et sur la priorité accordée à la mobilisation et à l’exploitation des ressources locales disponibles : ressources humaines, intellectuelles, culturelles, matérielles…
- Pour un développement durable, harmonieux et solidaire
La personne humaine est un tout, insérée dans un ensemble social et environnemental dont elle doit sans cesse tenir compte. Une des forces de l’Afrique a été d’offrir à l’individu ses chances de réalisation et d’épanouissement dans une intégration harmonieuse au sein de la société et de la nature. Aujourd’hui, toute action de développement doit veiller à la préservation des équilibres sociaux et des écosystèmes.
En Afrique, nous voulons être particulièrement sensibles aux inégalités et aux frustrations que certains types de croissance économique engendrent au sein de nos sociétés. Nous voulons également tenir compte des sensibilités et des évolutions des populations rurales et urbaines dans la prise en charge d’elles-mêmes. Nous voulons enfin nous ouvrir à une solidarité avec l’entourage et avec les jeunes en quête d’avenir, à un partage du savoir et du savoir-faire pour une commune promotion.
C’est pour toutes ces raisons que notre centre est placée sous le patronage du Père Louis-Joseph Lebret (26/06/1897-20/07/1966), le fondateur du mouvement et de la Revue Economie et Humanisme.
Ce Père dominicain, après avoir découvert la place de la réalité économique à partir d’un contact rapproché avec des pêcheurs (St Malo 1929-1939) qu’il aidera à s’organiser en Comités interprofessionnels des Pêches, passera tout le reste de sa vie au service d’une économie plus humaine, et d’une réflexion théologique qui intègre davantage l’économique. Entre autres succès, son équipe a contribué à la rédaction du premier plan de développement du Sénégal, et à l’élaboration d’un projet du même ordre au Liban. Il a été un des principaux inspirateurs de l’encyclique Populorum Progressio du pape Paul VI.
Comment se former au CRALEB ?
Le centre vise la formation de jeunes entrepreneurs ou travailleurs compétents, respectueux des bonnes pratiques de production en harmonie avec l’environnement et la santé.
Le centre de Recherche Agro-écologique du centre Sankofa (CRALEB), c’est :
- Un domaine de 50 hectares;
- des ateliers de production animale et végétale;
- une salle de cours équipée;
- un internat avec cantine;
- une équipe de techniciens et techniciennes passionnés d’agriculture biologique.
Cible :
Jeunes femme et hommes de 15 à 35 ans
Entrepreneurs agricoles de tous horizons désireux d’acquérir ou de renforcer leurs compétences dans les techniques de production.
Entre autre critère, nous insistons sur ces points suivants. Il faut être : Un passionné de l’agriculture
